Fête de l’Ours

Fête traditionnelle carnavalesque.

La Fête de l’Ours dans ce village du haut Vallespir (canton le plus au sud des P.O) est une tradition dont les origines remontent à plusieurs siècles.

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Dans le passé, elle avait lieu le 2 Février, date de la chandeleur, qui marque la fin de l’hibernation de l’ours. Le dicton affirme que s’il fait beau ce jour là, la bête replonge dans sa caverne pour 40 jours supplémentaires, s’il fait sombre au contraire, elle rompt son sommeil de l’hiver et annonce le printemps; Jadis, les jeunes garçons des villages pyrénéens voulant prouver leur bravoure, partaient en forêt pour capturer un ours qu’ils exhibaient ensuite dans les villages de la vallée. Le moment était bien choisi et la tâche facilitée car l’animal était affaibli par sa longue hibernation. La tradition s’est perpétuée, mais faute de bête féroce, c’est un jeune villageois qui se déguise et la capture devient simulacre

A 15H, l’ours enfin prêt, sort de sa caverne. Profitant de la surprise générale, revigoré par le retour du beau temps, il enlève une jeune fille et l’emmène dans la forêt. Pour délivrer la belle, tout le village se mobilise et la battue commence. Le monstre terrible est capturé, enchaîné et le « meneur » homme courageux exhibe sa proie dans les rues du village. Pour auréoler son exploit, il récite « la predica de l’os » un poeme catalan qui retrace les méfaits de la bête et vante le courage du valeureux chasseur. De place en carrefour, l’animal danse au rythme d’un air typique joué par la cobla. Autour de lui chasseurs et parfois spectateurs s’élancent dans une ronde endiablée. La bête tente à plusieurs reprises de s’échapper, bondissant ici, sautant là bas. Mais le meneur le tire ferme et réussit à le conduire jusqu’au terre-plein du « centro ». Ici, l’ours est installé sur un tronc d’arbre et le public fait cercle autour de lui.

Le meneur entame la danse rituelle, muni de sa hache, petit à petit, il rase le fauve. Soudain l’ours s’éffondre, mort. Il reste quelques minutes affalé sur le sol, puis se relève brusquement. Il a repris visage humain. Il choisit alors une jeune fille et l’entraîne dans la danse rituelle. Des sardanes cloturent la fête.

Tout au long de cet après midi carnavalesque des personnages curieux escortent l’ours. Tout d’abord la « monaca ». Il s’agit d’un curieux monstre funèbre, ayant 2 troncs, 2 têtes et 4 paires de membres. Ce personnage est censé représenter la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps. Il terrorise les jeunes filles et les enfants car il est constitué de telle sorte que virevoltant sur lui même il peut facilement atteindre les gens soit avec ses vrais membres, soit avec ses bras ou ses ses jambes de paille.